Nous n’avions pas encore huit ans et nous regardions avec envie des grands qui étaient scouts. Jean-Marc, Baba, s’apprêtaient à devenir louveteaux. Leurs frères appartenaient à la troupe des Aydes et en portaient l’uniforme. J’étais ami, complice, de ces deux-là, depuis des années déjà. Et, considération fondamentale pour les parents : ils appartenaient à des familles respectables de la paroisse !

Le scoutisme, ce n’était pas l’esprit de notre maison. Papa n’étant jamais passé par là, Maman non plus, d’ailleurs. Ni aucun membre de leur fratrie, pratiquement tous issus de la campagne.

Donc, les parents se laissèrent convaincre assez facilement pour me laisser filer à la meute des louveteaux du quartier, meute bien encadrée, s’entend, par le vicaire de la paroisse et par des cheftaines d’expérience !

Me voilà louveteau, ou presque ; je le serai après la promesse. Mais, j’étais entré dans ce groupe de copains, fier d’appartenir à notre petite société, choisie et organisée, hors du cercle familial.

Baba était dans la sizaine des Loups Blanc. Jean-Marc et moi étions dans celle des Loups Gris. Il y avait aussi celle des Noirs. Trois fois six : dix huit gamins au moins, dont deux cheftaines avaient la charge : cheftaine Lanzeray : Akéla – et cheftaine Lucas : Bagheera .

Notre règle était le livre de la Jungle (R.Keepling). Nous étions Mowgli, aux prises avec les Bandar log (les singes malins et perfides) et Shere Khan (le tigre cruel). Kaa (le boa) était ambigu, bien qu’une troisième cheftaine arrivée en renfort en portât le nom (peut-être changé en Baloo, le gentil ours ?!) (cheftaine Gallien ?!).

Le sizenier était le chef, bien admis, de notre petite équipe de six, structurée selon les âges et l’ordre d’arrivée dans la meute. C’était lui, le sizenier,qui d’abord répondait de la sizaine.

Le mien s’appelait Michel (Coty) et je le suivais sans discuter. J’avais 8 ans, lui devait en avoir 11 ou 12 ; il était un grand, je le trouvais très gentil.

Notre local, totalement indépendant, était niché derrière l’église Notre Dame de Consolation, dans des combles au-dessus de la sacristie. Nous y arrivions par derrière dans les jardins du presbytère, après avoir traversé la Chilesse, ruisseau pestilentiel, sur une passerelle en béton. Déjà, nous étions dans la nature, sinon dans la jungle de Mowgli !

Une première porte dans un vieux mur, puis un escalier de bois branlant et nous étions chez nous, les louveteaux ! C’était notre tanière que je n’ai jamais vue partagée avec qui que ce soit !

Là-haut, chaque sizaine avait son coin, pour « travailler », c’est-à-dire, répondre aux activités demandées par nos cheftaines (nous apprenions des assemblages et des nœuds avec de la ficelle, nous avions des collections, de pierres, de feuilles, de fleurs, nous préparions nos jeux, nos histoires et nos saynètes et bien d’autres travaux). Dans notre coin, nous accumulions nos trésors! Je me souviens d’un marteau de chaudronnier ramassé dans le faubourg et qui appartenait aux Gris – exclusivement. Il nous a beaucoup servi à construire, de bric et de broc, tout un ensemble de rangement (meuble incroyable, improvisé au fur et à mesure des bouts de bois ramassés ici et là, et construction « infâme » en y pensant !).

Je ne me souviens pas de quelconques sanitaires ni de chauffage dans notre local.

Ainsi, « chez nous », derrière l’église, lorsque nous n’étions pas sortis pour une longue promenade - comme si souvent -, nous étions activement occupés, dehors et dedans, par des jeux, par nos « travaux » de louveteaux, par le goûter. Et toujours, en fin d’après-midi, nous entendions la lecture du Livre de la Jungle. Akéla lisait très bien et nous passionnait. Notre jeudi se terminait avec des passages de la vie de Frère François (d’Assise), par une prière et quelques réflexions religieuses à mettre en œuvre par chacun.

Nous étions toujours en uniforme : culotte courte, chemisette bleu clair ou pull bleu marine avec les insignes, béret et foulard (bleu, bordé de rouge). J’étais si fier de mon uniforme au point de penser que le piéton que je croisais avait beaucoup de chance de voir ainsi un si beau louveteau  ! . Les cheftaines aussi portaient l’uniforme, en jupe! Imaginons les lessives, le repassage et les travaux de couture de nos mamans !

La promesse ! C’était toujours le dimanche. Des jeunes louveteaux faisaient leur promesse pour appartenir de plein droit à la meute! Devant toute notre assemblée avec les cheftaines, l’aumônier (peut-être aussi les parents ?) et durant un cérémonial bien réglé par Akéla, ils récitaient tout haut, à tour de rôle, la Promesse :

« Je promets de faire de mon mieux pour être fidèle à Dieu, à mes parents, à ma patrie et à la loi de (Dieu) et de rendre chaque jour un service à quelqu’un.». Petites voix d’enfants pour une promesse solennelle bien sérieuse !

J’avais conscience de cet engagement que je prenais avec un peu d’inquiétude. … et que j’avais appris par cœur, craignant de me tromper !

Les nouveaux louveteaux pouvaient alors se coiffer du béret avec l’insigne du loup, gris, noir ou blanc, cousu, et saluer de la main droite, l’index et le majeur écartés. Les chemisettes aussi portaient des insignes de notre meute.

 

 

 

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